Avec la paix, on a tout !

Le 23 août 2010, Albert Vilalta et Roque Pascual – les deux otages espagnols retenus au Mali par Al Quaïda au Maghreb Islamique depuis près de neuf mois  – ont été libérés. Avant leur retour à Barcelone, ils ont fait escale au Burkina Faso où ils ont rencontré le chef de l’Etat, Blaise Compaoré, très impliqué dans leur libération. Le Burkina Faso a en effet tenu un rôle-clé dans cette libération. Et pour un observateur extérieur, la résolution de ce dossier hautement politique dévoile une dimension essentielle de la culture burkinabè.

Pour moi qui suis un étranger, je découvre combien les burkinabè portent en eux une profonde aspiration à cultiver l’entente. Evidemment, en ce qui concerne l’heureux dénouement de la prise d’otages au Mali, le grand savoir-faire de la diplomatie de ce pays, notamment celui de Mustafa Chafi, conseiller présidentiel impliqué dans les tractations avec les terroristes, a été décisif. Mais ce savoir-faire du corps diplomatique s’enracine, à mon avis, dans un savoir-être fondamental de la culture burkinabè qui s’exprime au quotidien.

« On dit que mon pays [le Burkina Faso] est pauvre. » me confiait un jour un jeune qui a longtemps vécu dans la rue. « Mais mon pays n’est pas pauvre. Regardez, nous savons vivre en paix. Et s’il y a la paix, qu’est-ce qui nous manque ? »

Façonner des hommes susceptibles de créer et de cultiver la paix est l’un des fondements de la culture burkinabè. Culture de paix dont a tant besoin le monde d’aujourd’hui pour prendre l’humanité de l’homme comme guide, et que nous offre le Burkina.

Le fait qu’un pays comme le Burkina Faso, classé parmi les Pays Pauvres les Plus Endettés (PPTE) par les organisations internationales, puisse être un partenaire d’importance pour « sauver l’humain » dans un bras de fer sans merci entre les Etats et les groupes terroristes offre une belle promesse : celle d’un monde où « les plus pauvres » deviennent des garants de l’humain. Et cette promesse fait notre fierté, car « s’il y a la paix, qu’est-ce qui nous manque ? »

Guillaume Charvon (Burkina Faso)

 

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