Connaître pour agir efficacement

Des milliers de familles vivent en dessous du seuil de pauvreté. 72 millions d’enfants ne vont  pas à l’école dans le monde… Images d’une société qu’on assimilerait à raison à cette médecine qui fait de grands bons en laissant des malades au lit.

Dans quelles conditions l’humanité peut-elle se regrouper autour, avec et pour les plus pauvres, non pas pour les juger ou prononcer des discours qui les tiennent pour responsables de leur situation, non pas pour se contenter de se donner chacun, la bonne conscience de prendre à cœur leur condition, souvent sans aucune connaissance  des réalités profondes du monde de la misère, mais pour agir efficacement contre cette écrasante misère ? 

Je déborde d’admiration devant le courage des personnes qui vivent sous l’oppression de la misère et qui continuent de se battre pour que leurs enfants, si ce n’est elles-mêmes, connaissent des conditions de vie meilleures. Mieux que quiconque, elles savent ce que représente la menace du manque, le spectre du besoin, le froid du dénuement… C’est sans doute cette connaissance des dures réalités du monde de la misère qui nourrit leur acharnement à se battre et guide leurs actions.  Jamais ceux qui sont témoins de leur souffrance, pas même les personnes engagées à leur côté pour soutenir leur combat, ne peuvent en avoir une aussi exacte conscience. Jamais elles ne pourront la mesurer pleinement. Croire qu’elles peuvent y arriver est un leurre et une imposture. Devant toute forme de souffrance, nous avons d’abord à nous incliner et à nous taire. A partir de ce silence intérieur, de ce respect, de cette sorte de distance qui n’est pas indifférence, nous allons entrer dans une connaissance (1).C’est cette connaissance qui nous permettra d’agir efficacement. 

Mon bonhomme de chemin m’a donné de constater qu’en général la volonté d’agir pour aider les personnes qui souffrent autour de nous, ne nous manque. Seulement, nous ne possédons pas la connaissance nécessaire pour agir efficacement. Certaines actions en faveur des défavorisés trouvent dans cette ignorance la raison de leurs échecs. Malheureusement, ces échecs viennent parfois empirer certaines situations. La connaissance nécessaire pour apporter la réponse adéquate ne vient pas de ce qu’on entend. Mais d’une expérience de vie partagée, basée sur l’écoute avant tout. Car comme l’a dit Marivaux « bien écouter c’est presque répondre. »

Jeanne-Véronique Atsam  (Cameroun)


 

[1] « Et si les pauvres nous humanisaient » de Colette et Michel Collard-Gambiez

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