Un internat pour s’en sortir

A la rentrée scolaire 2009 est né à Sourdun (Seine et Marne), le projet d’un « internat d’excellence », réservé aux bons élèves des milieux défavorisés de l’Académie de Créteil en Ile de France.

Il s’agit là d’une expérience pilote, et suivront 11 autres projets du même type dans les années à venir.

Certains élèves sont orphelins, d’autres ont été maltraités, ont souffert de divorces violents, du chaos de la vie de leur famille, ou vivent dans des espaces trop exigus pour avoir la chance de bien étudier… leur dénominateur commun est de vouloir tordre le coup à l’échec. Repérés l’année dernière par les chefs d’établissements ou les assistantes sociales pour leurs capacités, ils ont dû monter un dossier de candidature, écrire une lettre de motivation, prouver leur envie d’en découdre avec l’avenir.

«Chez moi, nous étions 7 dans un deux pièces ; hormis mon clic-clac, je n’ai pas d’espace à moi. C’est le proviseur du collège qui m’a encouragé à monter un dossier pour l’internat : ici, je découvre le silence, la paix et les salles d’études. Les enseignants sont motivés et attentionnés, je ressens une sérénité que je ne connaissais pas. Aujourd’hui je bosse, je veux exceller pour avoir une vie intéressante, je veux être pédopsychiatre pour aider les enfants, comme une femme de ce métier m’a sauvé lorsque je souffrais trop du départ de mon père à 6 ans ; je n’ai jamais oublié ses paroles « tu as les moyens de devenir plus que ce que tu es aujourd’hui » Dounia, élève en seconde.

Chaque employé de l’internat, chaque professeur a aussi été recruté sur entretien de motivation ; ils sont actuellement 40 adultes à prendre les 120 élèves très au sérieux.

Tous relèvent l’importance de tenir un autre discours aux enfants : « Nous ne passons pas notre temps à les plaindre : mon pauvre petit tu as vécu des choses difficiles, tu vis dans un quartier difficile, c’est sur que ce sera difficile pour toi… mais bien au contraire : tu es un bon élève, tu as des capacités, moi je crois en toi et toi tu peux aussi oser croire en toi ! » Bernard L, professeur d’histoire.

Le cadre est assez austère (une ancienne caserne au milieu des champs), le règlement est très strict, mais l’ambiance est chaleureuse, il règne une atmosphère particulière.

A la fin de leur journée de cours, à 16h, les élèves sont invités à pratiquer des activités souvent nouvelles pour eux, des activités créatrices, artistiques, sportives (théâtre, équitation, tir à l’arc, cuisine du monde, vidéo, horticulture), où là encore chacun peut donner le meilleur de lui-même.

S’il est trop tôt pour évaluer l »impact à long terme de l’expérience sur la vie des élèves de Sourdun, il est certain qu’elle n’est pas anodine. Si la majorité des enfants est ravie d’être là, ce n’est pas sans avoir l’impression d’être parfois durement tiraillés entre deux mondes : celui qu’ils retrouvent le week-end et celui de l’internat. Expérience à suivre…

Claire Exertier (Ermont, France)

 

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