Le service social

Je travaille dans un centre d’actions éducatives et sociales dont l’un des objectifs est d’accueillir et d’encadrer les enfants en détresse et en difficultés sociales et familiales. Dans ce travail, je rencontre fréquemment des familles pauvres, très pauvres, et des personnes aux conditions de vie très difficiles. J’ai souvent rencontré des familles vivant dans une misère qui ne leur laisse aucune dignité ni aucune chance d’épanouissement aux enfants.

En collaboration avec ces familles ou personnes, l’équipe dans laquelle je travaille cherche les moyens d’améliorer leurs conditions de vie. Dans certains cas, le service social nous demande de faire la démarche pour le retrait de la garde des enfants à leurs parents, afin de pouvoir les placer en institution. Chaque fois que je me suis trouvée dans cette situation, il m’est resté un goût amer et une question : était-ce la meilleure solution ?

Certes, les enfants allaient désormais vivre dans un lieu décent, avoir à manger normalement, pouvoir aller à l’école et bénéficier d’un bon suivi médical Mais il me semble qu’on s’inquiète très peu des conséquences psycho-affectives que ces placements en institution peuvent engendrer tant chez les parents que chez les enfants.

Un jour, une dame est venue nous rencontrer. Le service social venait de lui retirer la garde de ses trois enfants. Elle pensait que nous pouvions l’aider à les récupérer. Elle nous a raconté : « ils ont pris mes enfants à cause de la situation à la maison. Mon mari a perdu son travail et depuis, ça ne va plus du tout. Il boit, il est violent, il y a toujours les cris et les pleurs. Et parfois la famine. On ne sait pas qui leur a dit ça. Ils ont décidé de prendre les enfants. Ils disaient que c’était provisoire, le temps que les choses se calment et qu’ils trouvent une meilleure solution. Mais j’ai peur que mes enfants ne reviennent pas. Vous savez, s’ils trouvent un travail à mon mari, tout redeviendra comme avant. C’est parce que il n’a plus de travail que tout est comme ça maintenant ».

Que répondre à cette dame ? La solution qu’elle propose n’est-elle pas envisageable ? Dans tous les cas, elle aura renforcé mon sentiment que souvent, les décisions que les travailleurs sociaux prennent pour « aider » les personnes en détresse ne sont pas les meilleures. Un jour, faisant allusion au service social, un père de famille s’est posé la question de savoir si le fait de le soutenir autorisait la violation de ce qu’il appelait son intimité, le mépris de sa dignité et la négation de sa bonne volonté, de son honnêteté. Ce n’est pas que le service social soit une terreur. Loin de moi cette idée. Je ne saurais, par ailleurs, nier toutes les actions que cette institution mène chaque jour pour soutenir des milliers de familles dans tous les pays où elle existe.

Je crois simplement et très humblement qu’il est important de revoir certaines choses. Et pourquoi pas faire preuve de moins de méfiance et de suspicion vis à vis des personnes en détresse ? Pourquoi ne pas davantage humaniser les relations entre agents des services sociaux et personnes en difficultés, en plaçant l’écoute, le dialogue, la compréhension, la confiance, la collaboration au cœur des actions ? Car de plus en plus, on constate que le service social, qui est censé apporter soulagement et paix aux familles, devient plutôt source de stress constant et même parfois source de problèmes, au lieu d’être un système producteur de solutions.

Jeanne-Véronique ATSAM ( Cameroun )

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Une réflexion au sujet de « Le service social »

  1. je suis mariée depuis 1 ans mon mari et moi avions 2 fils.il travaille dans une société de la place où il s’en sort pleinement,il n’a jamais d’arierés de salaire mais 5 jours après avoir touché son salaire il n’a plus un sous,il ne règle pas le loyer,c’est à peine qu’il règle les factures d’eau,d’électricité,de câblage,c’est à peine qu’il me donne l’argent pour la nourriture;il n’est pas violent,mais il boit beaucoup et rentre toujours tard lorsqu’il est en possession de son salaire jusqu’aà ce que sa finisse. il participe même au tâche menagère.un conseil de famille a même été tenu où il a dit qu’il allait changé mais c’est sans changement.une fois j’ai cru qu’il économisait mais rélevé bancaire montre toujours et chaque mois qu’il est à découvert
    tout le temps il me ment j’ai découvert depuis 5 mois le loyer n’a pas été reglé.j’aimerai que vous m’aidiez à ce que je perçoive le montant de la nourriture, le loyer,l’électricité,les frais d’hôpitaux car quand j’accouche c’est à peine qu’il paye les frais bien que nous ayons une couverture social.je suis une étudiante et je ne travaille pas encore;mon numéro c’est 77 17 48 00.slp aiodez moi je vois l’avenir de mes enfants s’effondrent et de plus en plus mes études sont pertubés.je voudrais juste obtenir une partie de son salaire qui me permettrait de couvrir ces charges en attendant de trouver un emploi pour le soutenir aussi dans notre quotidien.
    en attendant une réponse favorable recevez mon profond respect.

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