Ça suffit !

Il y a des matins comme ça, en écoutant les infos, où l’on se dit que ce n’est plus possible : tant de calomnies, tant d’injustices, tant de haine, exacerbées les uns contre les autres.

Jusqu’où ira-t-on dans la stigmatisation des personnes très pauvres ?

En France, le Président de la République vient de proposer de retirer les allocations familiales aux parents dont les enfants manquent l’école. Cette sanction n’est sanction que pour les pauvres.

Pas un jour, pas une semaine sans qu’un discours, une communication institutionnelle, un reportage sur fond de faits divers sordides, qui n’illustre et ne véhicule ce même propos : les pauvres sont non seulement pauvres, sales et méchants mais de plus ils nous coûtent cher !

Hier on les disait « paresseux », responsables de leur pauvreté. Aujourd’hui ils sont considérés comme « déviants », potentiellement irresponsables, incapables de s’occuper de leurs enfants ou de trouver un travail…

Le climat de suspicion qui se développe envers les familles les plus pauvres, trop souvent accusées d’être elles-mêmes responsables de leur pauvreté, d’être des parents démissionnaires, nous semble tout à fait injuste et même intolérable.

Le discours anti-pauvres se banalise en France, en Grande-Bretagne, en Europe. Est-ce là un effet secondaire de la crise qui divise et dont on individualise les effets ? Ou est-ce l’aveu d’une incapacité à imposer les solutions pour tenir des engagements exprimés au plus haut niveau ?

Le propos cible de plus en plus fort, jour après jour. Il fait de plus en plus mal. Non seulement les pauvres ne sauraient pas prendre leurs responsabilités mais en plus ils coûtent cher !

Un ministre français proclamait il y a peu : « la priorité, ce ne doivent pas être les très pauvres mais les classes moyennes ». Plus démagogue…

Un tel écho fait non seulement mal aux oreilles des personnes qui vivent la grande pauvreté mais aussi à toutes celles et tous ceux qui connaissent leur courage.

Comment réagir ? « Suis-je trop tiède ? » s’interroge un de ceux-ci. Comment répondre à ces propos insultants banalisés qu’on entend ici et là : « ils n’ont qu’à travailler », « ils font des enfants et ne savent pas les éduquer », ou encore « ils créent de l’insécurité », quand ce n’est pas « tous pédophiles ! ».

Faisons le serment de ne plus laisser passer un seul de ces propos sans répliquer. Si les politiques, les élus et les Etats ne sont plus capables de proposer autre chose qu’une chasse aux pauvres, aux plus fragiles, et bien il devient urgent que se lève un fort mouvement civique, rappelant que la grandeur d’une démocratie se mesure à ce qu’elle fait pour les plus faibles.

Pour autant nous ne tomberons pas dans le piège aux arrières-pensées pré-électorales qui consiste à surfer sur les peurs, à flatter les aspirations catégorielles en divisant les peuples par classes sociales et en les opposant les unes aux autres: pauvres contre précaires, jeunes contre seniors, ruraux contre urbains, etc..

C’est pourquoi, résolument, la réplique doit être de s’unir, encore et toujours, s’unir contre la misère: seule stratégie pour mieux se comprendre, mieux vivre ensemble, pour refuser la haine et construire un monde plus humain.

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