Ma priorité : la solidarité !

J’ouvre « Isère magasine » de ce mois, et surprise, dans le dossier « Spécial Budget » je trouve une interview du Président du Conseil Général , André Vallini, qui affirme :« Ma priorité : la solidarité ! » Un vrai rayon de soleil dans l’ambiance morose de la France, car cette priorité donne un cap clair au département. André Vallini cite Léopold Sédar Senghor, « Gérer dans la rigueur ne doit pas empêcher de réduire la misère et la pauvreté » et explique son raisonnement : « quand nous sommes sûrs d’avoir fait tout ce que nous pouvons faire pour les plus faibles et les plus fragiles, les plus pauvres et les plus malheureux, quand nous sommes certains que chaque personne âgée, chaque personne handicapée, chaque enfant qui nous est confié, est accompagné, soigné, entouré dans les meilleures conditions possibles, alors nous pouvons commencer à penser au reste. »

Chapeau ! Oser donner au département un tel cap est un sacré défi, et je suis sûr que Mr Vallini va devoir se battre pour la mettre en œuvre contre bien des catégories mieux installées qui vont le contester.

Mais je suis aussi inquiet : il manque dans cette priorité l’exigence de la mettre en œuvre « avec » les personnes âgées, « avec » les handicapés, « avec » les enfants  qui souffrent,  « avec » les personnes qui sont acculées à la misère, et non seulement « pour » eux. C’est vrai que cette exigence est difficile à mettre en œuvre. Mais l’expérience des familles très pauvres avec qui ATD Quart monde est engagé dans des pays très différents du monde, c’est que sans cette exigence les meilleures politiques sociales, culturelles, éducatives échouent en grande partie, car elles ne peuvent tisser les idées et les forces des acteurs de ces politiques avec les idées et les forces des personnes à qui elles s’adressent.

J’ai pris ma plume et j’ai écrit à Monsieur Vallini pour l’encourager, et pour l’inviter à lire « Le croisement des savoirs et des pratiques » (Éditions de l’Atelier) pour voir que les obstacles à surmonter pour créer les conditions du « avec » ne sont pas insurmontables.

Le jeu en vaut la chandelle.

Bruno Couder (France)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s