Argentine : des mères au secours des bidonvilles

 Dernièrement une émission de radio de RFI (entendue au milieu de la nuit), a remis à la une “ les Folles de la place de Mai “. Autrefois, elles manifestaient pour retrouver leurs enfants disparus pendant la dictature militaire (1976-1983) en Argentine.

Aujourd’hui, ces mères blessées qui ont perdu un ou plusieurs enfants, disparus, enlevés pour des raisons inacceptables, se battent pour réhabiliter les quartiers mal lotis. Symboles de la liberté, elles aident à présent les plus démunis.

Ces octogénaires respectées sont devenues des mères symboliques de tous les miséreux du pays. Bénéficiant du soutien financier du gouvernement grâce à un plan fédéral de logements, elles ont le feu vert pour tout projet de construction ou d’urbanisation… et elles ne s’en privent pas !

Premier chantier, la réhabilitation d’un immense bidonville à l’ouest de Buenos Aires « la Ciudad Oculta » (la ville cachée), où vivent des millions d’êtres humains sous des morceaux de tôle qui prennent l’eau, le vent, la chaleur. Au milieu de “cette ville”, un édifice fantôme : il s’agit de « l’Eléphant blanc », le plus grand hôpital d’Amérique latine, construit dans les années 50 et laissé inachevé et à l’abandon. De cet « Eléphant blanc », et sur les 24 hectares qui l’entourent, elles veulent créer des appartements, des écoles, des garderies, un centre de loisirs, une bibliothèque et des ateliers.

Et les ouvriers sont tout trouvés : les habitants eux-mêmes, hommes, femmes, tout âge confondu, heureux et fiers de construire leurs maisons, aidés par une vingtaine de professionnels.

Ceux qui ne peuvent pas oeuvrer sur le chantier, travaillent dans les cuisines de la cantine ou dans les ateliers pour confectionner les uniformes pour tout le personnel.

Le chantier actuel travaille sur neuf cents logements, qui sont réalisés avec des panneaux de polystyrène qui s’assemblent et se clouent. Une fois pulverisés de ciment, ils sont aussi résistants que la pierre.

Une vraie nouvelle ville va être construite, une ville pimpante et visible aux yeux de tous !

« La tâche des Mères n’est plus de résister. Mais nous voulons continuer à faire parler de nous : nos enfants sont morts pour un idéal, nous continuons leur combat contre les injustices sociales ».

Claire Exertier (Paris, France)

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