Considérons que c’est un homme comme nous…

Ces derniers mois, j’ai vraiment l’impression de vivre des temps apocalyptiques. La secousse qui a tout détruit en Haïti. Le glissement de terrain en Ouganda. Les inondations en France. Le séisme au Chili… Ces évènements qui ont fait partie ces derniers temps de la succession qu’on dirait banale des jours, ont pris une importance démesurée dans le souvenir de beaucoup. Que de pertes ! Que de douleur ! Que de larmes !

Mais comme on dit chez nous, à quelque chose, malheur est bon. Tout ceci aura au moins permis au monde de marquer un temps d’arrêt. Pour plusieurs en effet, cette succession de catastrophes a été l’occasion de lever les yeux vers l’autre, vers le pauvre, l’oublié, l’exclu. De s’intéresser un temps soi peu à la condition du prochain. Oh combien grande est notre indifférence devant la misère de nos voisins ! Devant la souffrance de tant de frères humains qui peuplent les trottoirs de nos villes, les entrées de nos églises, les poubelles de nos quartiers… ? Et nous les croisons sans les rencontrer. Nous les regardons sans les voir. Nous les entendons sans chercher à les comprendre. Trop occupés par nous même. Trop soucieux de nous même. Non que cela soit une mauvaise chose !

Seulement, nous qui vivons en toute quiétude bien au chaud dans nos maisons, qui trouvons le soir en rentrant la table mise et des visages d’amis, considérons que celui qui peine dans la boue, qui ne connaît pas de repos, qui se bat pour un quignon de pain…est un homme comme nous. Considérons l’enfant qui a froid, qui est sans défense et qui pleure. Considérons l’enfant qui dans le froid de ses solitudes cherche les bras d’une mère, une main amie…

Quelqu’un disait : « nous n’avons pas plus le droit de consommer du bonheur sans en créer que de consommer de la richesse sans travailler. » C’est sans doute vrai. Mais, je te témoigne aujourd’hui de ces personnes qui travaillent de jour comme de nuit, sous le soleil et sous la pluie, dans le froid et sous la chaleur, pour trouver un morceau de pain, une goutte d’eau. Je témoigne de ceux qui s’écorchent pour donner une chance d’être heureux à leurs enfants, sans jamais y arriver vraiment. Je témoigne de ceux qui triment pour être malgré tout des bons pères, des bonnes mères de famille, et qui jamais n’y arrivent, comme si quelqu’un le leur refusait dans l’ombre. Ce qui est difficile à penser c’est que les pauvres et les faibles soient privés des moyens de faire l’expérience de leur propre humanité et soient délibérément laissés de côtés par la société.

Jeanne Veronique Atsam (Cameroun)

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2 réflexions au sujet de « Considérons que c’est un homme comme nous… »

  1. « Mais comme on dit chez nous, à quelque chose, malheur est bon. Tout ceci aura au moins permis au monde de marquer un temps d’arrêt. Pour plusieurs en effet, cette succession de catastrophes a été l’occasion de lever les yeux vers l’autre, vers le pauvre, l’oublié, l’exclu. De s’intéresser un temps soi peu à la condition du prochain… »

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