Nomades de la mer : Bateau à la dérive (II)

Ainsi, encore aujourd’hui, les familles du village de Hat Rawaї n’ont toujours pas accès au réseau d’eau potable et quatre vingt dix pour cent des familles n’ont pas accès à l’électricité. Elles continuent encore de vivre dans des conditions sanitaires déplorables. L’administration locale sous l’autorité du ministère de l’intérieur commence à peine à réfléchir à l’installation de compteurs électrique afin qu’enfin les familles de ce village n’aient pas à payer trois fois plus cher le prix de l’électricité.

Pour l’attribution de titre de propriété, les familles de Hat Rawaї sont toujours dans l’attente d’une décision de justice dans le nord est de la Thaїlande. Cette décision de justice pourrait faire jurisprudence dans la défense de leur droit d’habiter la terre de leurs ancêtres. Autre possibilité, ils peuvent espérer l’intervention d’une autorité spirituelle thaїe reconnue. Cette dernière recevrait ainsi le soutien des médias. Leur dernier recours reste une intervention royale qui légitimerait leur droit.

Depuis le tsunami, les Moken circulent moins librement. Actuellement cinq pour cent des Moken de Thaїlande vivent toujours sans papier d’identité. Ils ne peuvent donc pas bénéficier de l’assistance sociale gratuite en faveur des thaїlandais. Les autorités des parcs nationaux de Thaїlande leur interdisent la coupe d’arbres pour la construction de leur bateau : symbole de leur nomadisme. Ils subissent des restrictions des lieux de pêches et la baisse des ressources de la mer. Enfin, il leur est interdit de faire le mouillage de leur bateau dans certains lieux traditionnels en raison du fait qu’ils sont devenus des lieux réservés aux touristes occidentaux.

Inexorablement les nomades de la mer sont condamnés à la sédentarité. Une sédentarité assimilée à la mort chez ces peuples nomades. Avec la récente reconnaissance de ce village comme patrimoine de la culture des nomades de la mer, les autorités locales espèrent ainsi pouvoir développer une nouvelle forme de tourisme dans cette province.

Au lendemain du tremblement de terre en Haїti, les organisations avec une grande connaissance du contexte haïtien avec le soutien de partenaires et des plus pauvres doivent contribuer activement à la reconstruction de leur pays. Ces derniers sont hélas souvent les absents, les oubliés des projets dont ils sont les premiers destinataires. Ils doivent pouvoir être acteurs dès le départ dans le partage de leur savoir pour que la reconstruction de Haїti garantisse la préservation de la culture haїtienne et le respect des droits de tout haїtien à vivre dans la dignité ; libéré des affres de la misère sur la terre de ses ancêtres.

(Alain Souchard – Thaїlande)

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Une réflexion au sujet de « Nomades de la mer : Bateau à la dérive (II) »

  1. Alain,
    Merci de nous donner à connaitre ces familles de Hat Rawai. C’est important de les faire exister et de les défendre. C’est important de parler pour que ceux qui les défendent soient le plus nombreux possible. Comme tous les pauvres de la terre, ces familles ont certainement du mal à se faire entendre et à se faire respecter. Elles ont besoin de nombreux amis…
    Mais comment s’y prendre pour faire accepter que ces familles soient une charge supplémentaire, alors qu’il y a tant à faire, que tant de gens réclament attention, et que les moyens disponibles sont proportionnellement tellement réduits?
    Cherchons ensemble.
    Amitié.
    André.

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