Nomades de la mer : Bateau à la dérive (I)

Entre janvier 2010, le tremblement de terre en Haїti et décembre 2004 le tsunami en Asie du sud-est ; cinq années séparent ces deux catastrophes. Quels sont les défis majeurs auxquels doivent faire face aujourd’hui des victimes du tsunami ?

Pour donner des pistes de réponse, la situation du village de Hat Rawaї dans la province touristique de Phuket dans le sud de la Thaїlande me semble assez significative. Ce village est composé de Moken, Moklen et d’Aray Tawoy, trois peuples nomades de la mer d’Andaman. Mille cinquante huit personnes vivent sur un peu plus de trois hectares de terrain, dans deux cent vingt six maisons. Au moment du tsunami, cinquante quatre bateaux ont été endommagés, et quatre ont été détruits. Le village a reçu un million de bahts (vingt deux mille euros) pour la réparation des bateaux.

Jusqu’au tsunami, les peuples nomades de la mer ont été ignorés. Il a donc fallu attendre le tsunami pour que le peuple thaї prenne conscience de leur existence. Il découvrait par la même occasion, leur savoir traditionnel et leurs stratégies efficaces élaborées au fils des siècles (culture de non accumulation, économie de subsistance, réseau de liens sociaux par des mariages entre familles nomades de différents villages, des cérémonies et un système d’entraide) qui leur permirent de survivre à l’esclavage, à la discrimination et au tsunami.

Du haut de trois siècles d’histoire le long de la mer d’Andaman, chaque année avec l’arrivée de la mousson de juin à octobre, des familles nomades de la mer rejoignaient la terre de leur ancêtres le long de la plage justement nommée Hat Rawaї, la plage des nomades de la mer. Il y a quarante ans, les Moken et Aray Tawoy étaient les seuls habitants de cette plage. Puis, il y a un peu plus de dix ans, certaines de ces familles se sont installées sur des terrains sur lesquels tout le monde dans le respect des lois séculaires basées sur le droit d’usage leur ont accordait le droit d’y vivre.

Mais après le tsunami, dès que le problème de la reconstruction et la nécessité de titres de propriété légaux ont été abordés par les Organisations non gouvernementales, l’équilibre des relations qui permettait au droit d’usage de faire foi a été rompu. La propriété foncière apparaît comme une question très critique dans ce type de catastrophe naturelle.

A suivre…

(Alain Souchard – Thaїlande)

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