Soutenez Haïti dans la reconstruction de leur ville

C’est ce que les familles les plus pauvres de la Nouvelle-Orléans demandent aux dirigeants du monde : soutenez Haïti dans la reconstruction de leur ville.

Le séisme, qui a dévasté ce pays en laissant derrière lui des milliers de morts et de sans-abris, nous rapproche de ce que nous avons vécu, ici, à la Nouvelle Orléans lors du passage de l’Ouragan Katrina qui avait dévasté 80% de la Ville. Les familles déplacées par l’ouragan et qui vivent désormais ailleurs, tout comme celles qui sont de retour dans leur ville, sont restées choquées par ce qui est arrivé en Haïti. Cette désolation et cette souffrance leur ont rappelé comment elles avaient été, elles aussi, abandonnées lorsque Katrina a inondé la ville et que les secours n’arrivaient pas.

Le grand défi pour la reconstruction d’une ville comme la Nouvelle-Orléans, tout comme ce le sera en Haïti, c’est que les familles vivant dans l’extrême pauvreté soient encore une fois oubliées, que leur participation à la reconstruction de leur ville soit ignorée.

Beaucoup, parmi celles qui sont revenues dans leur ville après l’ouragan, ne retrouvaient plus leur quartier : il y a eu, en effet, énormément de démolition de quartiers par les autorités concernées car, selon elles, c’étaient des cités infestées de crimes, de prostitution et de violence. Aussi bon nombre de familles ont « décidé » de rester dans la ville « refuge » qui les avait accueillies. Elles ne voulaient plus revenir vivre dans la misère.

Ainsi Mme Pat me disait : « Notre quartier était considéré comme mauvais, mais nous y vivions, nous y avions de bons souvenirs, nos enfants y ont grandi. Oui, nous avons galéré mais nous savons comment bâtir la solidarité. On se soutenait les uns les autres avec le peu que nous avions. Maintenant tout cela est parti. Je ne peux plus revenir habiter mon quartier et cela me manque beaucoup. La ville aurait pu rebâtir une ville où tout le monde ait une place, malheureusement on nous a encore une fois oubliés. On continue à errer de maisons délabrées en maisons délabrées. La ville ne veut plus des pauvres. C’est dur !»

Et Mme Lewis de continuer : « Tous les soirs quand je vais au lit, je prends ma bible pour prier, c’est tout ce que j’ai en mon pouvoir actuellement. Il faut soutenir les Haïtiens dans la reconstruction de leur ville.» Marcie, elle, ajoute : « La Ville de Port-Au-Prince ne sera plus pareille, tout comme la Nouvelle-Orléans. Lorsque nous sommes revenus dans notre ville, nous ne pouvions plus payer notre loyer, c’était devenu beaucoup trop cher. Ils nous ont oubliés encore une fois. Il faut garder la foi pour reconstruire votre ville avec le soutien des autres.» Et Julie de conclure : « Il faut continuer à se remettre debout tous les jours et à vivre pour ceux qui ont survécu. »

Nous espérons que la voix des plus pauvres sera entendue pour la reconstruction d’Haïti et que ces familles pourront véritablement se sentir citoyennes à part entière parce qu’elles y auront participé.

Maria Victoire (La Nouvelle-Orléans, Etats-Unis)

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