Nouvel indice à Dunkerque : le nombre de repas « sautés » par semaine

Et nous revoici en décembre, cette période si « riche » de fin d’année, avec son délire consumériste d’un coté et la réouverture des «Restos du cœur» de l’autre. C’est le énième rendez-vous des Enfoirés, un nouvel appel aux consommateurs pour qu’ils alimentent généreusement ces rayons et autres banques alimentaires. Ainsi, ce qui n’était prévu que pour une fois ou deux – par accident – par le brave Coluche existe maintenant depuis plus de vingt ans en France et cela ne semble gêner personne ou presque. L’exceptionnel a été institutionnalisé.

Le recours aux distributions alimentaires pour les personnes sous alimentées en France est désormais un rendez vous fixe et s’est imposé comme un système quasi officiel, reconnu aujourd’hui comme un réel circuit de l’action sociale publique par la Cour des Comptes1.

On nage en pleine hypocrisie. D’un coté la publicité vous agresse en vous incitant à redoubler votre consommation en produits gastronomiques et de l’autre, on vous donne mauvaise conscience… en vous incitant à donner aux organismes si généreux ! Dans les deux cas, c’est tout bonus pour le tiroir caisse des vendeurs qui parlent à la fois au ventre… et au cœur !

Cet appel à la générosité masque en fait une situation de plus en plus dramatique : la mal nutrition de milliers de familles en France. Cette sous alimentation est un facteur aggravant de leur état car elle n’est pas sans effet sur leur état de santé.

Comment évaluer cette dégradation ?

L’ami Thierry, un militant des Droits de l’Homme du Nord de la France, m’apprend l’autre jour que dans la région de Dunkerque (France) un collectif d’associations s’est intéressé de près à cette question sous forme d’un questionnaire destiné à mieux connaître ce que représentait l’alimentation dans le budget des familles à très faibles revenus. A partir de quand a-t-on faim ? A la lecture des réponses, il apparaît que la somme retenue est de 4,5 euros par jour en dessous de laquelle on ne peut manger à sa faim.

Ce qui est le cas pour 40% des familles sondées : soit 286 familles regroupant près de 1000 personnes qui n’ont rien à manger au minimum 5 jours par mois.

Autre enseignement de ces questionnaire : à partir du 15 du mois, la moitié des parents ne prennent plus qu’un seul repas par jour, et à partir du 20 du mois, beaucoup ne mangent plus que deux repas par semaine.

Sous fond d’injustice, cette situation est aussi révélatrice d’un autre indice, positif celui là, celui de l’amour de ces parents pour leurs enfants ! Mais qui en aurait douté ?

Pascal Percq (Paris, France)

1 Rapport sur les circuits et mécanismes financiers concourant à l’aide alimentaire en France (Cour des Comptes, septembre 2009).

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3 réflexions au sujet de « Nouvel indice à Dunkerque : le nombre de repas « sautés » par semaine »

  1. Moi je souhaiterais contacter les associations qui ont réalisé cette enquête. A qui dois-je m’adresser? LDH, Secours populaire?

    Merci d’avance,

    Estelle.

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