La crise : quel avenir pour les plus pauvres ?

Je ressassais ma presse écrite de ces derniers mois, quand je suis tombée sur un article de Béchir Ben Yahmed titré Le grand bouleversement, paru dans l’hebdomadaire Jeune Afrique (n° 2522 du 10 au 16 mai 2009).

L’intérêt de cet article pour moi réside dans le fait qu’il présente la crise sous un beau plumage, alors que partout on crie au dam de cette crise économique née aux Etats Unis il y a 2 ans. Pendant qu’ici on compte par centaines les victimes qu’elle fait, que là on déplore la récession qu’elle orchestre et là bas le chômage qu’elle engendre, Béchir Ben écrit : la crise « réveille, oblige les meilleurs à se décarcasser, à faire plus et mieux pour en sortir revigorés ». Et c’est ce qui fait selon lui le bonheur dans le malheur. Mais il continue en disant que contrairement aux premiers, il y a une autre catégorie de personnes qui « auront été diminués ou même abattus. » parce que la crise également « fait souffrir, appauvrit, réduit au chômage la partie la plus vulnérable de l’humanité. » Et Béchir d’ajouter « lorsqu’elle sera terminée et que tout rentrera dans l’ordre, nous découvrirons un monde différent, dont l’ordonnancement aura changé. »

Nous ne pouvons pas manquer de louer le fait que cette crise n’est pas si mauvaise que ça, puisqu’elle permet de se décarcasser des chaînes et d’évoluer. Mais nous sommes indignés de constater que l’accent est davantage mis sur les bienfaits de cette crise que sur la souffrance qu’elle inflige à cette partie la plus vulnérable de l’humanité. L’autre souci que nous cause cet article demeure dans la question de savoir qui sont les acteurs de cette évolution, de la construction de cet ordre nouveau ? A qui profitent-elles ?

Nous voulons que le monde soit construit et évolue sans que personne ne soit mis à l’écart. Ne sommes nous pas tous enfants de cette terre ? Le soleil n’est-il pas le même pour tout le monde ? Pourquoi n’y a-t-il pas la même égalité quand il s’agit de reconnaître à chaque homme sa pleine humanité ? Quand il s’agit d’être acteur sur les questions qui touchent l’humanité dans sa globalité ?

Il ne faut pas demander l’impossible. C’est vrai ! Mais il y a des choses où l’impossible n’existe que pour ceux qui ont très peu ou pas de volonté du tout. Ne soyons pas acteurs d’un monde où la dignité humaine pèse peu. Ayons la volonté de dompter l’injustice et le courage de créer un monde riche de tout son monde.

Jeanne Veronique Atsam (Cameroun)

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