La crise : apprendre à lire autrement…

Il existe bien des méthodes d’apprentissage de la lecture, et cela doit varier, en plus, selon les pays. Mais en voyant, la semaine dernière, l’analyse d’une étude faite par les économistes de la CIBC , j’avoue avoir été plus que surprise. Je me suis dit qu’il ne devait pas exister de méthode qui nous fasse décoder des résultats selon le regard, l’angle de vue, l’expérience de vie des plus pauvres du monde, y compris du Canada en ce qui concerne la CIBC.

En effet, selon les économistes experts de cette banque, la récession, même si elle fait disparaître les emplois par centaines de milliers, même si elle accule à la faillite,etc., aurait une influence favorable sur la qualité globale des emplois au pays.

Pour la CIBC, la crise économique actuelle a un aspect positif : le bassin de l’emploi est peut-être en train de diminuer, mais en même temps, la qualité des emplois qui s’y trouve demeure, relativement stable.

Pour arriver à ces conclusions, les dits experts ont créé un indice de la qualité de l’emploi qui se fonde sur divers facteurs, dont le nombre d’emplois à temps plein par rapport à l’emploi à temps partiel ou encore la proportion de salariés par rapport aux travailleurs autonomes. Et du coup cet indice leur fait constater que si 2 % des emplois au Canada ont disparu depuis octobre dernier, l’indice de la qualité des emplois, lui, n’a baissé que de 0,2 %.

Je ne suis absolument pas économiste, c’est même un monde bien étranger pour moi. Mais il semblerait la plupart des emplois perdus sont liés à des postes peu rémunérés, souvent détenus par des jeunes qui se trouvaient au bas de l’échelle salariale et souvent sociale. Donc si je comprends bien, le fait que de jeunes ouvriers, jeunes manutentionnaires perdent leur emploi ne serait pas grave, puisque la qualité des autres emplois ne baisse pas ou peu. L’histoire ne dit pas de ce qu’il advient de ces jeunes, souvent de jeunes familles, qui ne peuvent plus payer leurs factures, leur loyer, leur nourriture, leur santé…. Quels projets de vie, quel avenir pour soi, ses enfants… envisager alors ?

Faut-il alors s’étonner de la montée de la violence, de ces suicides de familles entières qui défraient la chronique depuis quelques mois…

Si j’ai bien lu mes journaux, il m’a semblé comprendre que la crise influençait pas mal le marché de l’emploi à temps plein en provoquant une nette diminution de ces emplois, alors que les emplois à temps partiels augmentent.

On m’a dit aussi, que chez nous, au Canada, le nombre de salariés avait chuté, alors que les travailleurs autonomes augmentent (mais en moyenne ces derniers ne gagneraient que 80 % du salaire des premiers!)

Ne faudrait-il pas alors en déduire tout simplement que les principales victimes des pertes d’emplois, ce sont ceux qui occupaient des postes peu rémunérés, les moins formés, les plus faibles. N’est-ce pas là une toute autre grille de lecture de la crise que celle de la CIBC si bien sûr on vise l’existence d’une société humaine où chacun, chacune ait une place et pas seulement les plus forts, les plus riches…?

Bernadette Lang – Canada

 

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